Un changement qui permettrait de maîtriser le plus agressif des cancers du sein.

    Des chercheurs australiens ont découvert que le cancer du sein triple négatif est une maladie à part qui aurait son origine dans un type de cellule différent, ce qui expliquerait pourquoi les perspectives de survie chez les femmes atteintes de ce type de cancer du sein sont soit très hautes soit très faibles.

    Breast_CancerEn rouge les cellules souches ID4+, en vert les cellules luminales et toutes les cellules sont marquées par un point bleu. Avec l’aimable autorisation de l’Institut Garvan de recherche médicale .

    Les chercheurs de l’Institut Garvan de recherche médicale ont expliqué que près de 15 % des cancers du sein sont triple négatifs, auxquels manquent les récepteurs d’œstrogènes, de progestérones ou de HER2, qui les rendraient réactifs aux thérapies ciblées. De manière générale disent-ils, ces patientes ont un risque de récidive plus élevé et une chance de survie plus courte que celles atteintes d’autres types de cancers, mais se classent néanmoins en deux catégories :

    1. Les patientes qui succombent à la maladie dans une période de trois à cinq ans, sans tenir compte du traitement; et
    2. Les patientes qui vivent sans la maladie plus longtemps que la moyenne des patientes atteintes de cancers du sein non triple négatifs (au moins huit ans après le diagnostic).

    L’équipe de recherche basée à Sydney a découvert un gène agissant comme un inhibiteur de différentiation 4 (ID4) qui entraine la forme agressive de la maladie (Nat Commun 2015;6:6548, PMID:25813983). Les chercheurs expliquent que la forme agressive du cancer du sein triple négatif semble provenir des cellules souches alors que les formes les plus bénignes proviennent de cellules spécialisées.

    Des cellules souches présentent de nombreuses caractéristiques similaires à celles de cellules malignes. Elles sont flexibles, malléables et peuvent se proliférer et se diffuser dans les autres tissus. Des études précédentes avaient démontré que les cellules souches des seins sont indispensables pour la croissance et le développement des seins pendant la puberté et la grossesse, bien que la façon dont elles évoluent de cellule souche à cellule spécialisée n’ait pas été éclaircie. Cependant, c’est l’ID4 qui semble déterminer si une cellule reste cellule souche ou si elle se convertit en une cellule spécialisée. Plus particulièrement, lorsque des taux élevés d’ID4 dans une cellule souche sont désactivés, d’autres gènes entrainant la spécialisation des cellules sont activés.

    Les docteurs Alex Swarbrick et Simon Junankar, chercheurs à l’Institut Garvan ont mené cette grande étude interdisciplinaire qui fait le lien entre le développent de la glande mammaire chez la souris et le cancer du sein chez l’humain. Ils ont découvert que l’ID4 non seulement détermine, mais semble également contrôler la forte agressivité du cancer du sein triple négatif.

    « Nous avons découvert que dans presque la moitié des cas de cancers du sein triple négatifs, le taux d’ID4 est très élevé et que ces cancers ont un pronostic particulièrement faible » a dit le docteur Swarbrick. « Dans des modèles expérimentaux de cancer du sein triple négatif, nous avions également démontré que si l’on bloque le gène ID4, les cellules cancéreuses cessent de se diviser. »

    Il explique que le fait de bloquer l’ID4 active le récepteur d’œstrogènes 3 ainsi que d’autres gènes exprimés dans le meilleur pronostic de cancer du sein, ce qui pourrait améliorer les perceptives de thérapies pour ces patientes. « Les cancers du sein à récepteurs d’œstrogènes positifs ont un pronostic relativement bon, car le tamoxifène est efficace pour bloquer le récepteur d’œstrogènes, et donc leur croissance » a dit le docteur Swarbrick.

    « C’est pourquoi nous supposons qu’en bloquant l’ID4 il serait possible de transformer des cancers du sein de cellule souche en cancers moins agressifs qui pourraient réagir au tamoxifène. Si nous avons justes, les avancées seront remarquables. »

    La prochaine étape pour l’équipe sera d’étudier la biochimie du ID4 dans une cellule afin de déterminer la meilleure façon de le bloquer et de le désactiver chez les individus. Des projets d’expériences thérapeutiques sur des modèles souris afin de tester si la désactivation du ID4 sensibilise une tumeur au tamoxifène sont également prévus

    « Nous ne savons toujours pas si une fois l’ID4 bloqué nous avons affaire à un véritable cancer dépendant aux œstrogènes (avec récepteur d’œstrogènes efficace), ou s’il s’agit juste d’une esquisse » a-t-il dit.

    Source:  Clinical Oncology News

     

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