Le risque d’hépatite D est plus élevé chez les personnes atteintes du VIH et chez les consommateurs de drogues par injection

    Des scientifiques taïwanais ont déclaré que les individus atteints par le virus de déficience immunitaire du (VIH) ou les consommateurs de drogues par injection ont plus de risques d’être infectés par le virus de l’hépatite D (VHD) dans ce pays. L’étude publiée dans Hepatology, un magazine de l’American Association for Study of Liver Diseases (association américaine pour l’étude des maladies du foie), indique que des stratégies efficaces doivent être mises en place pour contenir une éventuelle épidémie du virus de l’hépatite D dans ces populations à hauts risques.

    L’hépatite est une maladie qui provoque une inflammation du foie. Le VHD est l’une des cinq principales souches du virus (A, B, C, D, E) et n’affecte que les personnes déjà atteintes par l’hépatite B (VHB). Bien que le vaccin contre l’hépatite B apporte une certaine protection, des études montrent que des patients doublement affectés par le VHB et le VHD ont des maladies du foie beaucoup plus graves qui peuvent rapidement évoluer en cirrhose. D’autres éléments indiquent que les patients atteints de VHB et de VHD réagissent très peu aux traitements à base d’interféron et d’antiviraux (nucléosides et nucléotides analogues), qui inhibent la réplication du virus.

    « Près de 20 millions de personnes sont atteintes de l’hépatite D à travers le monde, avec une prévalence variant selon les zones géographiques » indiquent le Docteur Lin de l’hôpital E-Da / Université I-Shou et le Professeur Jaw-Ching Wu, ainsi que l’Hôpital Général des Vétérans de Taïwan et l’Université Nationale Yang-Ming de Taïwan. En période de vaccination contre le VHB, les principaux auteurs de cette étude observent la prévalence du VHD. « Bien que le VHB soit endémique à Taïwan, grâce à la vaccination contre le VHB et à une éducation sanitaire continue pour un large public afin d’interrompre les voies de transmission du VHD, nous avons pu observer une réduction importante de la surinfection du VHD, en passant à un taux d’hépatite B chronique de 24 % avec un pic aigu en 1983, à un taux de 4 % en 1995 ».

    Après l’apparition du VIH et de l’hépatite C (VHC) parmi les consommateurs de drogues par injection, de nouvelles souches du virus du VHC ont été découvertes à Taïwan. S’agissant de personnes à hauts risques (VIH et consommateurs de drogues par injection), les scientifiques ont supposé que l’irruption de la maladie pourrait influencer sur la prévalence du VHD. Entre 2001 et 2012, l’équipe a travaillé avec 2562 patients positifs à l’antigène de surface du virus de l’hépatite B (HBsAg) dans cette étude prospective, multicentrique et de cohorte. La prévalence, le génotype et les facteurs de risques associés à l’infection du VHD ont été étudiés.

    Les résultats de cette étude indiquent que les taux de prévalence du VHD étaient respectivement de 75 %, 44 %, 11 %, 11 % et 4 % parmi les personnes infectées par l’usage de drogues par injection, les consommateurs de drogues par injection n’étant pas atteints par le VIH, les hommes homosexuels atteints par le VIH, les hommes hétérosexuels atteints par le VIH et une population générale d’individus positifs au HBsAg. Les scientifiques ont observé une augmentation importante de la prévalence du VHD chez les consommateurs de drogues par injection atteints de VIH, passant de 39 à 90 %. Les facteurs de risques liés aux infections de VHD étaient : l’usage de drogues par injection, le virus de l’hépatite C, le VIH, des taux de HBsAg dans le sang égaux ou supérieurs à 250 UI/ml, un usage prolongé des drogues et un âge avancé.

    D’autres analyses ont démontré que le génotype le plus répandu parmi les consommateurs de drogues par injection était le VHD de génotype IV à 72 % alors que le génotype II était plus fréquent parmi les consommateurs de drogues non injectables à 73 %. Parmi les individus atteints par le VIH également négatifs au HBsAg, nés après 1987, année à laquelle à été instaurée la vaccination universelle contre l’hépatite B à Taïwan, près de 53 % présentaient des taux d’anti-HBs Ab inférieurs à 10 mUI/ml. L’équipe a également observé une séroprévalence supérieure signifiante du HBsAg chez les individus atteints par le VIH et nés après 1987 en comparaison avec le contrôle de 8 % contre 0 %.

    « Nos conclusions indiquent que les consommateurs de drogues par injection, notamment les individus atteints par le VIH sont les plus exposés aux risques d’infection du VHD à Taïwan, malgré un programme de 30 ans de vaccination contre l’hépatite B », conclut le Professeur Wu. « De nouvelles stratégies telles que le traitement de maintien à la méthadone et un programme d’échange de seringues neuves pour réduire l’usage des drogues par injection sont nécessaires pour le contrôle de la propagation du VHD ». De plus, les auteurs indiquent qu’un renforcement de la vaccination contre le VHB devrait être étudié pour les populations à hauts risques.

    La recherche a été financée par des subventions provenant de l’Hôpital Général des Vétérans de Taipei (V101C-087, V102C-127, et V103C-026), de l’Université Nationale Yang-Ming, du Ministère de l’Éducation (103AC-T402, Objectif pour le classement mondial des universités) ainsi que de l’Hôpital E-Da (EDAHP97001, EDAHP98001, et EDAHI102002).

    Adapté par MNT d’après le communiqué de presse original

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