Certains immigrés et réfugiés peuvent faire face à des risques de troubles psychotiques plus élevés.

    Une étude menée dans la province de l’Ontario au Canada a démontré que les immigrés des Bermudes et des Caraïbes, ainsi que les réfugiés venant de l’Afrique de l’Est et de l’Asie du Sud–Est sont deux fois plus susceptibles de développer des troubles d’ordre psychotique que l’ensemble de la population.

    De plus, les scientifiques ont découvert que les immigrés d’Europe du Nord, d’Europe du Sud et d’Asie de l’Est ont environ deux fois moins de risques de développer des troubles psychotiques tels que schizophrenia et schizoaffective disorder en comparaison avec l’ensemble de la population.

    Les auteurs déclarent que « le modèle observé en Ontario indique que les facteurs psychosociaux associés à l’expérience migratoire, ainsi qu’à l’intégration à la nation canadienne peuvent constituer des risques de troubles psychotiques ».

    Publiée dans le CMAJ (journal de l’association médicale canadienne), l’étude a été réalisée par des scientifiques de l’Institut de Recherche en Services de Santé (IRSS) et du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH).

    La première génération de migrants constitue près de 30 % de la population en Ontario, le plus grand nombre de migrants au Canada. Selon les auteurs de cette étude, une donnée récente pour la province indique que le nombre d’admissions à l’hôpital pour troubles psychotiques est plus élevé dans les zones où la proportion de migrants de première génération est importante.

    L’auteur explique que « le phénomène de migration associé à l’émergence de troubles psychotiques est un risque potentiel au Canada, qui accueille près de 250 000 nouveaux immigrants et réfugiés chaque année ». “Cependant, il y a un manque important d’information épidémiologique actuelle concernant l’incidence de psychosis parmi ces groupes de population.

    Pour mener cette étude, les scientifiques ont analysé des données du ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada et du IRSS, en suivant un groupe de 4 284 694 résidents de la province de l’Ontario rétrospectivement depuis 1999 et sur une période de 10 ans. Chaque personne suivie était âgée entre 14 et 40 ans. Au cours de cette période, les scientifiques ont cherché à savoir si l’incidence des troubles psychotiques variait entre les différents groupes de migrants.

    Parmi la population générale, le taux d’incidence des troubles psychotiques (schizophrénie et troubles schizo-affectifs) était de 55,6 pour 100 000 personnes-années. Respectivement, le taux d’incidence moyen pour les immigrés était inférieur, de 51,7 pour 100 000 personnes-années. Cependant, le taux était nettement supérieur pour les réfugiés avec 72,8 pour 100 000 personnes-années.

    « Les facteurs psycho-sociaux associés à l’expérience migratoire peuvent être une des causes »

    « Nous avons découvert que les réfugiés étaient à environ 25 % plus exposés aux risques de troubles psychotiques en comparaison avec les immigrés », annonce l’un des auteurs principaux, Kelly Anderson chercheuse universitaire post doctorante à l’IRSS.

    « Nous avons également découvert que le revenu moyen par quartier constituait un facteur de protection. En effet, les immigrés vivant dans les quartiers les plus favorisés de la province présentent deux fois moins de risques de troubles psychotiques que les immigrés vivant dans les quartiers les plus défavorisés de la province. »

    Les auteurs reconnaissent que cette étude comporte des limites, car elle ne permet pas d’affirmer si l’exposition au mode de vie urbain ou à des conditions de vie au contexte socioéconomique difficile a changé au cours du temps pour les individus du groupe. Ils déclarent que cette distinction peut avoir des conséquences importantes sur les associations découvertes au cours de l’étude.

    L’expérience d’autres pays a démontré que, dans le monde entier, les immigrés internationaux sont sujets à un risque plus élevé de développer des troubles psychotiques que les populations hôtes. De plus, il a également été démontré que ce risque élevé persistait pour la deuxième génération.

    « Le modèle observé en Ontario indique que les facteurs psychosociaux associés à l’expérience migratoire et à l’intégration à la nation canadienne peuvent constituer des risques de troubles psychotiques », déclare l’auteur principal de cette étude, Dr Paul Kurdyak.

    Ces facteurs sont la discrimination, des situations de vie difficiles et stressantes, des difficultés financières et un manque d’éducation. Les auteurs souhaiteraient qu’une recherche plus approfondie étudie les facteurs de protection potentiels dans les groupes de migrants présentant des risques de troubles psychotiques inférieurs, afin d’élaborer des programmes de soutien pour les groupes fortement exposés à ces risques.

    « Nous devons savoir pourquoi certains groupes d’immigrés présentent des taux de psychose inférieurs. Si nous comprenons ce qui les protège, nous pourrons élaborer des stratégies préventives pour tous », déclare un auteur de l’étude, Dr Kwame McKenzie, Directeur médical du Programme pour les Personnes Défavorisées du CAMH.

    Une autre étude, réalisée plus tôt cette année, a révélé que divers troubles mentaux, notamment la schizophrénie, sont liés à une perte de matière grise three specific areas of the brain, en lien avec certaines fonctions cognitives.

    Écrit par James McIntosh

     

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